Les tortues de jardin, des animaux dont les besoins évoluent au fil de l’année

N.A.C - 18/09/2020

Les tortues terrestres les plus souvent présentes dans nos jardins sont les tortues d’Hermann et les tortues grecques. Ces animaux appartiennent à des espèces protégées et leur détention n’est autorisée que sous certaines conditions* : vérifiez bien que vous les respectez et prenez grand soin de votre tortue !

 

Les tortues terrestres sont des animaux dont le métabolisme et l’activité varient beaucoup selon les saisons : faites en sorte que votre tortue puisse exprimer ses comportements naturels à tout moment de l’année.

 

L’automne : préparation de l’hibernation

La plupart des tortues terrestres vivant en France hibernent. La tortue se prépare à cette phase de vie ralentie dès que la température chute entre 10 et 15°C. Il est souhaitable qu’une tortue hiberne à l’extérieur mais elle doit disposer d’un abri contre le vent, le gel et l’humidité.

 

Préparation de l’abri à l’extérieur

Si votre tortue utilise une cabane pendant la belle saison, vous pouvez la laisser se préparer à hiberner au même endroit. Sinon, une caisse recouverte d’un toit incliné fera l’affaire. Une surface de 40 à 50 cm de côté et une hauteur de 70 cm conviennent à une tortue « moyenne ». Faites des petits trous dans les côtés de l’abri pour l’aération.

La tortue doit pouvoir s’enfouir en cas de gel. Il lui faut reposer sur une couche de 15 à 20 cm de terre meuble, de mousse, d’écorces séchées ou de tourbe. Evitez le sable, trop compact. Recouvrez la terre de foin sec, de paille ou de feuilles séchées. Afin d’éviter tout risque d’inondation dans l’abri, la caisse sera surélevée du sol. Pour éviter les attaques par les rongeurs, il est plus prudent d’entourer le lieu où la tortue hiberne par un grillage, en enterrant le bas suffisamment profond dans le sol.

Aménagement d’un lieu à l’intérieur

Si vous habitez dans une région où l’hiver est rigoureux, vous pouvez faire hiberner votre tortue à l’intérieur, dans un endroit calme, sombre et frais (5-10°C). Une fois que votre tortue s’est installée dans sa caisse, placez-la dans un abri de jardin, un cellier, un garage, une pièce au sous-sol…

Les tortues en hiver

L’hibernation de la tortue démarre lorsque la température passe en dessous de 10 °C. En France métropolitaine, elle a en général lieu à partir d’octobre-novembre et s’achève en mars. Cette phase de repos est essentielle pour la santé et la longévité de la tortue.

 

Température de l’abri

Votre tortue dormira bien si la température dans son abri reste entre 0 et 10°C tout l’hiver (idéalement entre 4 et 8°C). Si la température devient négative, elle souffrira du gel ; au-dessus de 10°C, elle risque de maigrir en consommant trop vite ses réserves ; elle peut aussi vouloir se retourner et ne pas pouvoir se redresser sans aide. Placez donc un thermomètre à mémoire dans l’abri : vous pourrez ainsi vérifier que les températures minimales et maximales sont adéquates !

 

Attention aux phases de redoux

Des phases de redoux transitoires se produisent souvent en hiver et il arrive que les tortues sortent prématurément de leur hibernation. Si vous voyez sortir, votre tortue, surtout ne la nourrissez pas ! Comme son transit digestif est lent, surtout en hiver, il serait dangereux de lui donner quoi que ce soit à manger.

Normalement, une tortue retourne toute seule dans son abri une fois le redoux passé. Si ce n’est pas le cas, remettez-la dedans. En revanche, si votre tortue vous paraît mal en point ou si elle a perdu trop de poids, il peut être nécessaire d’écourter l’hibernation, en la rentrant et en la réchauffant progressivement par palier.

 

Surveillance du poids ?

Pendant l’hibernation, les fonctions vitales de la tortue fonctionnent au minimum : la température, la fréquence cardiaque et le rythme respiratoire diminuent. Pendant l’hiver, la tortue vit sur les réserves énergétiques accumulées au préalable. Si vous êtes un propriétaire vigilant, vous aurez pesé votre tortue au moment du début de l’hibernation et vous continuerez à le faire une fois par mois pendant tout l’hiver. Une tortue ne doit pas perdre plus de 10 % de son poids initial pendant l’hiver.

 

Le réveil du printemps

Au printemps, lorsque les risques de gelée sont passés, l’hibernation s’achève. Le réveil des tortues est déclenché par l’élévation de la température mais il faut qu’elle dépasse 16° C plusieurs jours de suite pour que le métabolisme de la tortue s’accélère. La tortue sort de sa léthargie et elle reprend peu à peu une activité et une alimentation normale.

 

La sortie d’hibernation

Si votre tortue est bien réveillée et qu’elle ne présente aucun signe anormal, vous pouvez la plonger dans un bain d’eau tiède pendant 20 minutes. Cela l’aidera à se réhydrater et à éliminer certaines toxines accumulées pendant la phase de vie au ralenti. Dans le cas d’une hibernation à l’intérieur, il vous faudra la réchauffer progressivement sur une période de 15 jours-3 semaines, de façon à éviter tout choc thermique.

En cas de doute sur la santé de votre tortue, ou si l’état de sa carapace vous inquiète, prévoyez une visite vétérinaire pour vérifier son état général. Cette visite post-hibernation est aussi l’occasion de faire le point sur son alimentation.

Réalimentation progressive

Vérifiez que votre tortue recommence à manger dans les 7 jours après son réveil. L’anorexie post-hibernation est en effet un phénomène fréquent mais réversible s’il est pris à temps.

Donnez une alimentation équilibrée à votre tortue : une tortue ne se nourrit pas seulement de feuilles de salade ! Dans la nature, son régime est végétarien mais très varié : il comprend de l’herbe, des feuilles, des fleurs, des bourgeons, des fruits, des fragments d’écorce… Si votre tortue a la chance de disposer d’un carré de nature sauvage dans votre jardin, elle trouvera facilement des végétaux qui lui plaisent à brouter. Faites pousser du trèfle, des pissenlits, du cresson, de la luzerne, (etc.) dans son enclos ! Plus les espèces sont variées, mieux c’est pour la santé de la tortue.

Vous pouvez ajouter des feuilles de différents légumes dans la ration quotidienne de votre tortue : endive, navet, chou, chicorée, brocoli, blette ou betterave. La tortue apprécie également le céleri en branche, le persil et les épinards. Pomme, poire, pruneau, prune, cerise, kiwi, figues fraîches et sèches, oranges épluchées (…) sont des fruits consommables par les tortues. Ils peuvent représenter environ 10 % de la ration.

Donnez à manger à la tortue à même le sol, dans des zones ombragées. Pour encourager la tortue à chercher sa nourriture, ne déposez pas tout au même endroit. Retirez les aliments non consommés tous les jours et remplacez-les par des frais.

Les aliments pour chiens ou chats, la viande, le poisson, le pain, les pâtes, le riz, le lait et les produits laitiers ne sont en revanche absolument pas adaptés aux tortues. N’en donnez pas !

L’estivation des tortues

On dit que les tortues de jardin sont des animaux « à sang froid ». En fait, les tortues s’adaptent à la température ambiante mais elles ont besoin de chaleur pour être actives. La plupart des tortues de jardin sont originaires des régions méditerranéennes et c’est entre 28°C et 30°C qu’elles se sentent le mieux.

 

Un enclos ensoleillé

Installez si possible l’enclos de votre tortue au sud, dans la zone la plus ensoleillée du jardin, et en le protégeant du vent au maximum. Il est indispensable qu’il présente une zone exposée au soleil pendant une grande partie de la journée durant l’été. Dans l’enclos, prévoyez un abri pour protéger votre tortue des nuits fraîches.

Les tortues aiment s’installer sur une surface sans herbe pour profiter au maximum de la chaleur : désherbez la moitié au moins de la surface (dans la partie la plus ensoleillée) pour en faire une zone « aride ». Les tortues apprécient aussi de pouvoir prendre un bain de soleil sur un sol qui emmagasine la chaleur : écorces de pin, sable, cailloux noirs, ardoises, compost ou terre sombre… L’édification d’un monticule de pierres et de terre d’environ 25 cm de haut permettra à la tortue de grimper et de profiter du soleil au sommet.

N’oubliez évidemment jamais de mettre toujours de l’eau à la disposition de votre tortue ! Si elle peut aussi se baigner dans l’eau, c’est important pour son bien-être.

 

De l’ombre en cas de forte chaleur

Plantez des arbustes (lavande, thym, romarin, groseillier, cassissier, framboisier…) dans l’enclos pour servir de refuge à la tortue en cas de forte chaleur. Aménagez aussi des cachettes pour créer des zones d’ombre : une tortue peut s’enfouir sous des feuilles mortes, du petit bois, un petit tas de pierre, des pots de fleurs renversés, etc.

Vous pouvez accumuler de l’herbe de tonte contre une paroi de l’enclos et humidifier le tas tous les jours. Ce lieu sera idéal pour le repos de votre tortue : elle y trouvera à la fois l’ombre, la fraîcheur, l’humidité et des végétaux à consommer dans le foin d’herbe.

Les tortues pratiquent l’estivation : pendant une partie de l’été, elles diminuent leur activité. Ne les dérangez surtout pas ! Certaines se cachent sous la végétation, d’autres creusent un trou pour trouver de la fraîcheur dans la terre. Si vous le pouvez, travaillez régulièrement la terre de l’enclos sur une dizaine de centimètres pour faciliter la tâche à une tortue qui voudrait s’enterrer.

Si vous partez en vacances pendant l’estivation de la tortue, ne l’oubliez pas ! Assurez-vous qu’elle aura à manger et à boire quand elle sortira de sa période d’estivation. C’est d’autant plus important qu’elle aura besoin de faire des réserves pour préparer la saison suivante.

 

Quelle que soit la saison, pensez à protéger vos tortues des prédateurs : chats, rats, renards, oiseaux, etc. Tant qu’elle est encore petite, son enclos doit être sécurisé par un toit grillagé à mailles fines.

 

* Arrêté du 13 octobre 2018

FAQ

Faut-il faire identifier ma tortue ?

L’identification d’un animal appartenant à une espèce sauvage en captivité est obligatoire depuis 2018. Si vous achetez une tortue, elle doit obligatoirement être identifiée avant la vente. Si vous avez déjà une tortue chez vous et qu’elle n’est pas encore identifiée, faites-lui poser une puce électronique par votre vétérinaire. En prenant rendez-vous, prévenez-le du motif de la consultation pour qu’il puisse commander la puce car il ne s’agit pas du même modèle que celui que l’on pose aux chiens et aux chats. Chez les petites tortues, la puce électronique est implantée directement dans la cavité corporelle. Sur les tortues moyennes et grosses, la puce électronique se pose sous la peau, au niveau de la cuisse ou de la queue.

Quand doit-on consulter le vétérinaire ?

Si la tortue a perdu plus de 10 % de son poids avant hibernation, montrez-la à un vétérinaire. Faites de même si vous constatez des sécrétions au niveau des narines ou des yeux, où que l’état de ses écailles ou de sa carapace vous inquiète. Une visite « post-hibernation » est aussi l’occasion de faire le point sur l’alimentation et la prévention contre les parasites.

Faut-il donner du calcium à une tortue ?

Pour que votre tortue reste en bonne santé et garde une belle carapace, il est essentiel de veiller à ce qu’elle ne manque pas de calcium et que son alimentation contienne 2 à 4 fois plus de calcium que de phosphore. Donnez-lui une alimentation la plus diversifiée possible et distribuez des végétaux riches en calcium : feuilles de pissenlit, de céleri, de roquette, de cresson, de navet, de chou vert, d’épinards, de betterave, fanes de carottes, foin de luzerne… Des os de sèche (entiers ou émiettés) et des coquilles d’œufs peuvent aussi être ajoutés à la ration.

Vous pouvez également supplémenter la ration de votre tortue avec une solution de minéraux et d’oligo-éléments qui corrige les déséquilibres phosphocalciques pouvant apparaître dans la ration alimentaire des tortues.

Faut-il donner de la vitamine D à une tortue ?

La vitamine D est indispensable à la synthèse et au renouvellement de la carapace : c’est elle qui permet au calcium apporté par les aliments d’être absorbé par l’intestin. La vitamine D est synthétisée sous l’action des rayons ultra-violets : il faut donc que la tortue puisse avoir accès à la lumière naturelle du soleil. A défaut, une tortue gardée à l’intérieur devra être exposée à la lumière d’une lampe à spectre UVB, conçue spécialement pour un terrarium.