Les conditions idéales pour faire saillir une chienne

Chien - 16/02/2021

Réfléchissez-bien avant de faire reproduire votre chienne : le faites-vous pour de bonnes raisons ? Contrairement à une idée reçue, une chienne n’a en effet pas « besoin » de faire naître au moins une portée dans sa vie. Si vous souhaitez garder un chiot, êtes-vous sûr que vous pourrez facilement faire adopter les autres ? Si votre décision est prise, lisez ces quelques conseils pour que tout se passe au mieux !

 

À quel âge peut-on faire reproduire les chiens ?

Les chiens peuvent s’accoupler dès la puberté mais l’âge des chiens influence la réussite de la saillie.

Âge minimum ?

Ne croyez pas qu’une chienne peut facilement se reproduire dès ses premières chaleurs : celles-ci surviennent entre l’âge de 6 et 12 mois (plus tard chez les chiennes de grandes races) mais il faut que la chienne ait atteint son plein développement physique avant de reproduire. De plus, les chiennes très jeunes ont en moyenne des portées plus petites que les chiennes plus âgées. L’idéal est d’attendre au moins la 2e, voire la 3e période de chaleurs, surtout s’il s’agit d’une chienne de grande race.

De même, mieux vaut attendre que le chien ait au moins 2 voire 3 ans pour planifier un accouplement. Même s’il manifeste un comportement sexuel, un chien mâle très jeune peut ne pas être fertile

Âge maximum ?

La ménopause n’existe pas chez la chienne mais sa fertilité diminue avec l’âge. Après 6-7 ans, la chienne risque de rester vide ou la portée sera de taille réduite. Une saillie tardive peut aussi être à l’origine de malformations chez les chiots et nuire à la santé de la chienne : plus celle-ci est âgée, plus la mise-bas risque d’être difficile et plus elle mettra de temps à se remettre de la période de gestation et de lactation.

Comment organiser la saillie ?

 

 

 

Avant de planifier la saillie d’une chienne, il faut bien sûr trouver l’étalon idéal ! Les propriétaires des deux chiens pourront alors décider des modalités pratiques de la saillie.

Vérifier l’origine des deux parents

Pour que les chiots à naître puissent être vendus comme des chiots de race, les deux parents doivent posséder un pedigree. Il est donc très important de vérifier que l’étalon et la lice sont bien inscrits au livre généalogique de la Société Centrale Canine (SCC) et qu’ils ont été tous deux confirmés, c’est-à-dire considérés comme conformes au standard de la race. 

Bien sûr, si chacun a déjà reproduit, c’est une garantie de la fertilité potentielle des deux chiens. 

Établir un contrat de saillie ?

Il est souhaitable que les propriétaires établissent un contrat par écrit avant d’organiser la rencontre des chiens. Outre le prix de la saillie (à payer au propriétaire du mâle), le contrat pourra aussi préciser les droits et devoirs de chacun.

Que se passera-t-il si la saillie prévue n’a pas lieu ?

Si la saillie ne peut pas avoir lieu alors que les chiens ont été mis en présence, le propriétaire de l’étalon ne peut pas prétendre au prix fixé pour la saillie mais les frais relatifs à l’hébergement de la chienne pourront être compensés.

Le possesseur de l’étalon s’engage à faire saillir la lice par l’étalon prévu mais lorsque celui-ci vit dans un élevage, il arrive qu’une chienne soit saillie accidentellement par un autre chien ! Le propriétaire de l’étalon doit alors rembourser au propriétaire de la chienne les frais occasionnés par cette saillie erronée.

Que se passera-t-il si la chienne reste « vide » ?

Si la saillie a eu lieu dans de bonnes conditions et que la chienne n’est pas pleine, le propriétaire de la chienne doit théoriquement régler le montant de la saillie au propriétaire de l’étalon. Rien ne l’y oblige mais il est cependant fréquent que le propriétaire de l’étalon rembourse une partie de l’indemnité prévue ou propose d’organiser une autre saillie (gratuite) lors des chaleurs ultérieures de la chienne… 

Le propriétaire du mâle veut il garder un chiot de la portée à naître ? 

Si oui, quand le choisira-t-il ? Qui prend en charge les frais de transport du chiot ? Que se passera-t-il s’il n’y a qu’un chiot vivant dans la portée ou si le chiot choisi décède avant la livraison ? Mieux vaut envisager tous ces cas de figure avant de faire réaliser la saillie.

Quand planifier la saillie ?

 

 

La plupart des accouplements non suivis de gestation sont dus à un mauvais choix de la date de saillie. Pour que celle-ci ait le maximum de chances d’être fécondante, il faut suivre les chaleurs de la chienne très attentivement et ne pas rater la « fenêtre de tir » optimale !

 

Suivre les chaleurs de la chienne

Les chaleurs des chiennes ont lieu deux fois par an. Dès que vous voyez s’écouler du sang à la commissure inférieure de la vulve et que celle-ci est plus gonflée que d’habitude, les chaleurs ont commencé. La chienne attire – les mâles mais elle n’est en principe fécondable que lorsque les pertes vulvaires deviennent blanchâtres, ce qui se produit en moyenne vers le 12e-13e jour des chaleurs. A ce stade, l’ovulation se déclenche.

Chez la chienne, les cellules sexuelles femelles (les ovocytes) ne sont fécondables que 1 à 2 jours après l’ovulation. Comme les spermatozoïdes peuvent survivre dans les voies génitales de la femelle pendant 2 à 7 jours, l’accouplement peut intervenir durant la période allant de 5 jours avant à 5 jours après l’ovulation.

Préciser la date de l’ovulation 

La chronologie du cycle sexuel varie beaucoup : 30 à 40 % des chiennes n’ovuleraient pas dans la fourchette habituelle de 10 à 15 jours après le début des chaleurs ! De plus, la plupart des chiennes commencent à accepter l’accouplement 2 jours avant l’ovulation, c’est-à-dire 4 à 5 jours avant leur période fécondante. Il est donc plus prudent de demander à votre vétérinaire de prévoir la date d’ovulation de la chienne grâce à des examens particuliers. 

Frottis vaginaux

Les cellules de l’épithélium vaginal se modifient sous l’action des hormones sécrétées par la chienne pendant ses chaleurs. Des frottis vaginaux répétés sont donc utiles pour identifier la phase du cycle sexuel où se trouve la chienne. Mieux vaut les commencer dès 5 jours après le début des chaleurs et répéter l’examen tous les 2 à 3 jours.

Dosages hormonaux 

Les dosages hormonaux sont plus onéreux mais plus fiables que les frottis pour déterminer le moment de l’ovulation. En pratique c’est la progestérone qui est la plus souvent dosée. Sa concentration augmente lentement dans le sang pendant les chaleurs puis s’accroit brutalement au moment de l’ovulation. 

Une autre hormone, la LH, peut aussi être dosée : l’ovulation se produit en moyenne 24 à 96 heures après le pic de sécrétion. Ce dosage est cependant plus coûteux que celui de la progestérone et nécessite un prélèvement sanguin quotidien pour ne pas rater l’apparition du pic hormonal

Échographie ovarienne

Chez la chienne, l’ovulation peut aussi être détectée en observant par échographie l’évolution du nombre et de la taille des follicules ovariens. Cette technique est fiable mais nécessite des examens journaliers par le vétérinaire, avec un appareil très performant. 

Comment se déroule la saillie ?

Le jour J, lorsque le mâle et la femelle sont mis en présence, trois phases distinctes peuvent être décrites.

L’approche

Laissez les chiens libres de faire connaissance sans intervenir : il ne faut jamais forcer l’accouplement ! Contentez-vous de surveiller les chiens à distance. Si la chienne est réceptive, elle accepte facilement les avances du mâle et adopte une attitude caractéristique :  elle se cambre et dévie latéralement la queue en exposant sa vulve.

Chevauchement

Cette phase permet au mâle de pénétrer la femelle et de commencer à éjaculer la semence. 

Accolement

Après le chevauchement, le chien se retourne à 180 ° et les deux chiens restent ainsi « collés » pendant en moyenne 15 minutes mais cela peut parfois durer près d’une heure ! Cette phase est indispensable à la réussite de la saillie : le chien continue d’éjaculer et des contractions vaginales se déclenchent chez la chienne, qui favorisent la fécondation. Ne tentez surtout pas de séparer les chiens : cela pourrait provoquer une fracture de l’os pénien chez le mâle ou des lésions vaginales chez la femelle.

Une seule saillie conduit généralement à un taux de gestation de 65 à 70 % alors que laisser les chiens s’accoupler au moins deux fois pendant la période de fertilité de la chienne fait passer ce chiffre à 70-75 %. 

Que faire après la saillie ?

Isolez la chienne des autres mâles 

Après la saillie et jusqu’à la fin des chaleurs, ne laissez pas votre chienne sans surveillance, même dans un jardin clôturé : les chiens mâles se laissent difficilement décourager et votre chienne elle-même aura tendance à fuguer. Il peut en effet arriver qu’une chienne saillie par deux mâles différents soit également fécondée par ces deux chiens !

Déclarez la saillie

Pour les chiens de race, un certificat de saillie signé par les propriétaires des deux chiens doit être adressé à la SCC dans les 8 semaines suivant l’accouplement. Elle doit contenir les informations suivantes : noms et numéros d’enregistrement de l’étalon et de la lice, noms et adresses des propriétaires des deux chiens et date de la saillie. Le propriétaire de l’étalon peut ne signer cette attestation qu’après paiement du prix fixé pour la saillie. 

Le propriétaire de la lice au moment de la saillie est alors considéré comme l’éleveur de la portée à naître. 

Parmi les facteurs qui influencent la réussite de la saillie, il existe des facteurs inhérents aux chiens eux-mêmes (race, âge, fertilité individuelle) mais le suivi des chaleurs de la chienne et le nombre de saillies sont des paramètres très importants à considérer.

FAQ

Où doit avoir lieu la saillie

L’usage veut que ce soit en général la chienne qui aille au lieu de résidence de l’étalon pour que ce dernier conserve intacte sa libido ! Rien n’empêche cependant de faire l’inverse. Les frais de transport seront pris en charge par le propriétaire du chien qui se déplace.

Pourquoi la chienne reste-t-elle vide après la saillie ?

Environ 60 % des saillies infructueuses dans l’espèce canine seraient dues à une date de saillie mal choisie (en dehors de la période de fertilité), 30 % seraient liées à des troubles de la fertilité chez la femelle et 10 % à des troubles de la fertilité du mâle. S’il peut être prouvé (par analyse du sperme) que l’étalon était stérile au moment de la saillie, le propriétaire de la lice doit être remboursé des frais occasionnés par la saillie.

Quand faut-il privilégier l’insémination artificielle à la saillie naturelle ?

Lorsque les deux reproducteurs sont éloignés géographiquement ou si les chiens présentent un problème anatomique ou pathologique interdisant l’accouplement, l’insémination artificielle est une option à envisager avec le vétérinaire.

Pour en savoir plus…

Vetopsy, « Saillie ou copulation chez le chien » : www.vetopsy.fr/chien/ethogramme-chien/reproduction-chien/coit-chien-saillie.php