Mon chat se gratte les oreilles : pourquoi et comment le traiter ?

Chat - 01/09/2020

Plusieurs types de parasites peuvent occasionner des démangeaisons importantes au niveau des oreilles d’un chat. Comme ses griffes ressemblent à des poignards miniatures, sa peau s’abîme vite quand il se gratte, surtout dans les zones accessibles aux membres postérieurs, dont le cou et la tête. Si vous remarquez que votre chat se gratte et qu’il présente des plaies et des petites croûtes sur les pavillons des oreilles, ne laissez pas les choses évoluer. Sans traitement, votre chat est capable d’aller jusqu’à l’automutilation tellement les démangeaisons deviennent insupportables pour lui.

 

Quels sont les symptômes de la gale des oreilles ?

Votre chat se gratte beaucoup au niveau des oreilles ? Il a tendance à tenir sa tête un peu penchée ? L’intérieur de ses conduits auditifs est rempli d’un cérumen brunâtre qui sent mauvais? Il a tendance à « pédaler » des postérieurs quand vous tentez de lui nettoyer les oreilles ? Il est fort probable qu’il souffre d’une otite parasitaire aussi appelée gale des oreilles.

L’infestation parasitaire dans les conduits auditifs crée une forte irritation et, comme dans le cas des puces, le chat peut devenir allergique à la salive des acariens responsables de la gale des oreilles, les otodectes. La réaction inflammatoire et les démangeaisons sont alors très fortes. Lorsque l’infestation est particulièrement mal tolérée, le chat peut présenter des troubles ressemblant à des crises d’épilepsie, en particulier chez les chatons et les siamois.

Lorsque le chat secoue la tête, des acariens peuvent être expulsés du conduit auditif et se retrouver sur le pelage. Ils entraînent alors des lésions cutanées aux endroits où le chat se gratte, surtout sur la tête et le cou.

La production de cérumen est stimulée par la présence des parasites dans les oreilles et le cérumen favorise la prolifération de bactéries ou de levures. Une otite bénigne au départ peut donc se compliquer : si une infection bactérienne ou mycosique se développe, le tympan de l’oreille de votre chat risque de se perforer, ce qui provoqueraient de graves troubles de l’équilibre.

Si vous laissez traîner les choses, le traitement sera plus long et plus difficile.

A quoi est due la gale des oreilles chez le chat ?

La gale des oreilles est aussi appelé gale otodectique, du nom du parasite responsable de cette affection : Otodectes cynotis. Les otodectes sont des acariens, comme les tiques. Lorsque les otodectes pénètrent dans l’oreille, ils se nourrissent de débris cutanés ainsi que du sang et de la lymphe. Les femelles pondent des œufs et en quelques jours, le cycle de reproduction est bouclé et les parasites se multiplient de plus en plus si aucun traitement n’intervient.

La gale auriculaire est une affection très contagieuse : si plusieurs chats cohabitent, ils risquent d’être tous affectés. Les chats de moins d’un an sont très réceptifs à ce parasite et les chatons abandonnés sont souvent atteints de la gale des oreilles.

Un chat peut aussi se contaminer au contact d’autres animaux car les otodectes parasitent de nombreuses espèces de mammifères, dont le chien. Lorsqu’un chat est victime de la gale des oreilles, tous les animaux de la maison doivent être traités, même en l’absence de symptômes chez les autres.

Comme les parasites peuvent survivre un mois dans le milieu extérieur, il est enfin possible qu’un chat soit contaminé en fréquentant les mêmes lieux qu’un chat affecté, pendant un séjour en pension par exemple.

Comment savoir si mon chat a la gale des oreilles ?

Si votre chat présente des symptômes de la gale des oreilles, emmenez-le chez votre vétérinaire. Pour confirmer le diagnostic, il recherchera la présence des otodectes. Quand ils sont nombreux, il est possible de voir ces petits parasites blancs circulant à l’intérieur du conduit auditif. Un prélèvement de cérumen observé au microscope peut aussi mettre en évidence la présence de nombreux acariens à différents stades évolutifs.

Le simple fait d’introduire un otoscope dans le conduit auditif déclenche fréquemment un réflexe caractéristique chez le chat : celui-ci se met à pédaler frénétiquement d’un postérieur : on appelle ce mouvement « le réflexe audito-podal ».

Comment traiter la gale des oreilles ?

Il n’est jamais facile de soigner un chat surtout lorsqu’il a mal aux oreilles ! D’où l’intérêt de prendre les choses en mains avant que l’otite ne devienne vraiment grave.

Traitement local dans les oreilles

Le traitement local classique consiste à nettoyer les oreilles pour éliminer les débris accumulés et liquéfier le cérumen, puis à instiller un produit acaricide dans le conduit auditif. Ce traitement doit être réalisé pendant au moins 3-4 semaines, à raison d’une application tous les 3-4 jours. Le traitement local ne permet en effet pas de détruire les œufs et il faut donc éliminer les parasites au fur et à mesure de leur développement.

L’expérience montre que bien des propriétaires se découragent vite de devoir se bagarrer avec leur chat pour le soigner. Le produit est alors mal administré ou le traitement est arrêté trop tôt, ce qui facilite les récidives de l’otite. Si votre chat réagit vigoureusement dès que vous tentez de toucher à ses oreilles, n’insistez pas. Inutile d’entamer une épreuve de force car il existe une autre solution.

Traitement par voie cutanée

L’alternative au traitement local consiste à administrer au chat un médicament vétérinaire commercialisé spécifiquement pour lutter contre la gale des oreilles mais par voie générale. Ce produit antiparasitaire peut être administré même à un chaton,  à condition qu’il ait plus de 6 semaines. Il s’applique directement sur la peau, comme les pipettes antipuces « spot-on ». L’administration est faite entre les deux omoplates, un endroit où le chat ne peut pas se lécher. Si le chat a accès à l’extérieur, évitez qu’il aille se promener sous la pluie dans les 2 heures suivant l’administration du médicament ! Lorsque plusieurs chats vivant ensemble, ils doivent tous être traités en même temps et mieux vaut les séparer quelques heures après le traitement, pour éviter qu’ils ne lèchent entre eux.

La composition de l’excipient du produit permet au principe actif (la sélamectine) de diffuser dans la peau et d’agir sur l’ensemble de l’organisme, y compris dans le conduit auditif. Traiter par voie cutanée a l’avantage d’éliminer aussi les acariens qui se sont localisés dans le pelage, à l’extérieur des oreilles.

Les otodectes sont normalement tués en quelques jours après le traitement et le comportement des chats s’améliore alors très vite : ils arrêtent de secouer la tête et de se gratter. Le traitement général de la gale des oreilles est parfois renouvelé une fois par précaution au bout d’un mois, pour éviter les récidives.

 

Si aucune amélioration ne se produit dans les jours qui suivent le début du traitement, l’otite est peut être due à une autre cause. C’est pour cela qu’un diagnostic vétérinaire préalable est indispensable.

Et si mon chat était allergique aux puces ?

Les allergies aux puces représentent aussi une cause importante de lésions cutanées dues au grattage, en particulier sur la face et sur les pavillons auriculaires. Quand un chat devient allergique à la salive des puces, son système immunitaire libère des substances responsables d’une inflammation de la peau et les conséquences n’ont plus rien à voir avec la simple irritation due aux piqûres.

 

Rechercher les puces dans le pelage

Pour confirmer une allergie aux puces, il est évidemment utile de mettre en évidence des puces adultes ou des déjections de puces dans le pelage du chat. Ce diagnostic est cependant toujours difficile chez le chat qui passe une grande partie de son temps à se toiletter, faisant disparaître les puces. Ne pas voir de puce ne permet donc pas d’éliminer l’hypothèse d’une allergie.

 

Protéger son chat des puces

Pour protéger votre chat de l’infestation par les puces, traitez-le régulièrement avec un produit insecticide préventif. Attention, certains médicaments utilisés chez les chiens ne doivent pas être employés chez les chats, notamment ceux contenant des pyréthrinoïdes, à l’origine d’intoxications fréquentes chez les chats ! Demandez conseil à votre vétérinaire.

Et si c’était les aoûtats ?

Les aoûtats sont de minuscules acariens de couleur rouge-orangée. Pendant leur développement, les larves piquent des mammifères pour se gorger de sang, comme font les tiques. Ces parasites sont actifs lorsque la température extérieure est supérieure à 16°C, le plus souvent entre juillet et octobre. Il existe plusieurs espèces d’aoûtats mais la plus fréquente est Neotrombicula autumnalis ; l’infestation par les aoûtats est donc une « trombiculose ».

 

Fixation fréquente sur les oreilles

Les aoûtats se fixent dans les zones où la peau est fine et les pavillons auriculaires font partie de leurs sites de prédilection, ainsi que l’abdomen, la face interne des membres, la région du périnée, les mamelles chez la femelle ou le scrotum chez le mâle. Les aoûtats ne mesurent pas plus de 1 mm mais, avec un peu d’attention, il est possible de les voir à l’œil nu. Lorsqu’ils sont présents en grand nombre, on distingue parfois une sorte de « poudre orange » sur la peau du chat.

Si vous avez un doute, consultez votre vétérinaire : il pourra apporter la confirmation de l’infestation en effectuant un raclage cutané et en observant les parasites au microscope.

Des démangeaisons d’apparition brutale

Les aoûtats provoquent de violentes démangeaisons. Contrairement aux piqûres de puces, elles se déclenchent généralement de manière brutale : les chats se frottent les oreilles ou la face avec les membres antérieurs ou se lèchent abondamment entre les doigts. Dans certains cas, le chat se gratte peu au début mais, si les infestations se reproduisent, il se sensibilise peu à peu et peut alors présenter des réactions allergiques, avec des démangeaisons extrêmement intenses.

Les aoûtats ne s’attaquent pas qu’aux chats ! Ils peuvent aussi provoquer des démangeaisons et des lésions cutanées chez les chiens et les humains.  Pour l’homme, les piqûres d’aoûtats ressemblent beaucoup à celles des puces : elles entraînent des petits boutons rouges qui grattent beaucoup.

Traitement acaricide

Les aoûtats ne sont pas des insectes comme les puces, ce sont des acariens. Ils ne sont donc pas forcément sensibles aux produits antipuces, ce qui peut expliquer pourquoi un traitement antiparasitaire préventif n’empêche pas l’infestation par les aoûtats. Dans les zones à risque, il est conseillé d’administrer au chat un produit acaricide pendant la période d’activité des parasites. Les traitements actifs contre les tiques sont efficaces contre les aoûtats.

FAQ

Comment empêcher une chatte d’être gestante ?

Si vous ne souhaitez pas que votre chatte ait une portée de chatons, le mieux est de la faire stériliser chirurgicalement, si possible avant la puberté. Si vous prévoyez de la faire reproduire plus tard, la pose d’un implant hormonal (à base de desloréline) peut permettre de retarder l’apparition de la puberté ou de rendre la chatte infertile pendant une durée de plusieurs mois. Demandez conseil à votre vétérinaire.

Peut-on doser la progestérone pour confirmer la gestation chez une chatte ?

Il est inutile de doser la progestérone chez une chatte supposée gestante ; contrairement à ce qui se passe chez la chienne, le taux sanguin de cette hormone s’élève après l’ovulation, même en l’absence de gestation. Pour confirmer la gestation chez une chatte, l’échographie est la technique à privilégier.

Une chatte gestante peut-elle vivre avec d’autres chats ?

L’équilibre psychologique de la femelle est important pour le bon déroulement de leur gestation. Quand la chatte vit avec d’autres chats, la cohabitation doit être harmonieuse. S’il existe des conflits entre eux, le stress ne peut qu’être néfaste à l’équilibre hormonal et donc au maintien de la gestation jusqu’à son terme. Mieux vaut alors isoler la chatte.

Peut-on vacciner une chatte gestante ?

Il est nécessaire que les chattes qui reproduisent soient bien vaccinées avant la gestation, en particulier contre la panleucopénie féline (ou typhus) et contre les virus incriminés dans le coryza du chat, l’herpès virus et le calicivirus félins. Ces virus peuvent en effet entraîner des avortements et de la mortinatalité chez les chatons. Plus l’immunisation de la mère est bonne, plus le taux d’anticorps transmis aux chatons après la naissance via le colostrum sera important. Pendant le temps de la gestation, mieux vaut éviter toute injection médicamenteuse, même pour un vaccin.

Pour en  savoir plus…

– Blaise A., « Diagnostic et suivi de la gestation par échographie chez la chatte », Thèse d’exercice, Médecine vétérinaire, Ecole Nationale Vétérinaire de Lyon, 2006 (www2.vetagro-sup.fr/bib/fondoc/th_sout/th_pdf/2006lyon084.pdf).

– Masson M., « Performances de reproduction dans l’espèce féline en élevage en France », Thèse d’exercice, Médecine vétérinaire, Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse, 2016 (https://oatao.univ-toulouse.fr/16490/1/Masson_16490.pdf)

 

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