Conseils pratiques pour nourrir et élever un chaton de moins de 8 semaines

Chat - 31/07/2020

Légalement, un chaton doit être âgé au moins de 8 semaines pour être donné ou vendu. Séparer un chaton de sa mère avant cet âge peut entraîner de graves conséquences pour sa santé et son équilibre psychologique ; certains éleveurs recommandent même d’attendre plus de 3 mois ! Mais il arrive malheureusement qu’un chaton soit abandonné avant cet âge ou que sa mère ne soit plus là pour le nourrir. Comment ne pas avoir envie de lui sauver la vie en le recueillant et en le nourrissant ? Si vous tentez l’aventure, voici quelques conseils pratiques qui pourront vous aider.

 

Comment nourrir un chaton non sevré ?

Si votre chaton a moins de 3 semaines, il n’est pas encore capable de consommer un aliment solide. La première chose à faire est donc d’acheter un lait maternisé pour chaton, que vous trouverez par exemple chez votre vétérinaire.

Caractéristiques d’un lait de substitution pour chatons

N’essayez surtout pas de donner du lait de vache ou du lait de brebis à un chaton : vous risqueriez de provoquer une diarrhée à cause d’un excès de lactose que le chaton ne pourra pas digérer. Il lui faut un lait à teneur modérée en glucose mais riche en protéines et en matières grasses. Dans un lait maternisé pour chaton de bonne qualité, les protéines sont d’origine laitière.

Les matières grasses se composent d’acides gras à chaîne courte et moyenne, pour une assimilation optimale de l’énergie.

L’estomac d’un chaton de 2 semaines n’est pas plus gros que l’ongle de votre pouce. Votre chaton va donc absorber de très faibles volumes à chaque repas et à chaque fois, il devra recevoir suffisamment de calories pour tenir jusqu’au prochain biberon ! La concentration énergétique du lait est donc une priorité.

Préparation des biberons

Un lait pour chaton est normalement vendus avec un biberon gradué, une dosette et des tétines adaptées à la taille du chaton.

Pour réhydrater la poudre de lait, suivez scrupuleusement les préconisations du fabriquant en ajoutant l’eau à la poudre ; l’objectif est d’obtenir une composition nutritionnelle la plus proche possible du lait maternel une fois dilué. Vous pouvez éventuellement préparer le lait à l’avance si vous le stockez au réfrigérateur à 4°C pendant 48 heures au maximum.

Le lait sera distribué dans un biberon propre et la température du lait doit idéalement être de 37-38°C juste avant la tétée.

Fréquences des tétées

Le nourrissage d’un chaton au biberon n’est pas facile et exige de la patience, surtout s’il est très jeune. Un chaton a en effet besoin d’absorber du lait à de très nombreuses reprises. S’il était avec sa mère, le chaton téterait jusqu’à 20 fois par jour ! L’allaitement artificiel au biberon oblige cependant à espacer les tétées.

  • Pour un chaton qui a moins d’une semaine, ne dépassez pas 3 heures entre chaque biberon, soit 7 à 8 biberons par 24 heures.
  • Pour un chaton entre 1 et 2 semaines : un biberon toutes les 6 heures, soit 4 par 24 heures.
  • Pour un chaton de 3 à 4 semaines : un biberon toutes les 5 heures est suffisant.

 

Rationnement journalier

Un chaton nouveau-né n’est capable de boire que 5 ml de lait au maximum à chaque tétée. Puis la dose augmente progressivement, en moyenne d’un ml par jour. En fin de 2e semaine, un chaton accepte en général d’avaler 10 à 20 ml de lait par repas. Quand il arrête de téter, c’est qu’il a bu suffisamment.

Alimentation insuffisante

A la naissance, un chaton pèse environ 100 grammes mais il double son poids de naissance en 2 semaines. Pesez votre petit chaton tous les jours à heure fixe (sur une balance très précise) : si le poids stagne voire décroît pendant 2 à 3 jours, c’est que le lait fourni ou le rythme de distribution ne conviennent pas au chaton. Rectifiez vite son alimentation !

S’il boit suffisamment, votre chaton dormira tranquillement entre les tétées. En revanche, si ses repas sont trop espacés ou trop réduits, il se réveillera, gémira, pleurera… Il faut alors le nourrir très vite. Sans prise en charge rapide de son hypoglycémie, il se refroidira, se déshydratera et deviendra trop faible pour téter.

 

Alimentation excessive

Tous les fabricants donnent des conseils de rationnement adaptés à la concentration de leur lait maternisé pour chaton : lisez attentivement leurs recommandations et évitez le surdosage : s’il est trop nourri, le chaton développera une diarrhée.

Attention aussi à la fausse déglutition (ou « fausse route »): un chaton n’acquiert pas le réflexe de tousser avant une dizaine de jours. Si du lait arrive par mégarde dans ses voies respiratoires, il risque une pneumonie fatale.

Quels soins donner à un très jeune chaton ?

En conditions normales, la mère lèche l’anus et le périnée de ses chatons pour stimuler la défécation puis elle absorbe leurs selles.

Si la chatte est absente, massez doucement la région du périnée après chaque tétée avec un coton ou une compresse imbibée d’eau tiède. Cela remplacera le léchage de la mère et favorisera un bon transit intestinal chez le chaton. Ce « nursing » est indispensable pendant les deux premières semaines.

Gardez votre chaton dans un petit panier propre, bien au chaud et à l’abri des courants d’air. Veillez à une propreté parfaite du nid.

Comment nourrir un chaton de plus de 3 semaines ?

Même avec un excellent lait maternisé et la meilleure volonté du monde, la croissance de votre chaton va sans doute prendre un peu retard par rapport à celle d’un chaton élevé par sa mère. Ne vous inquiétez pas, s’il est en bonne santé, il rattrapera sans peine ce retard à partir du moment où le sevrage démarrera. Votre petit chaton va grandir très vite !

 

Démarrez le sevrage le plus tôt possible

Pour un chaton abandonné ou orphelin, le sevrage doit débuter le plus tôt possible, vers 3 semaines environ. Proposez-lui un aliment pour jeune chaton, sec ou humide, et laissez-le manger autant qu’il veut au début. S’il s’agit de croquettes pour chaton, vous pouvez essayer de les mélanger avec un peu de lait au début, pour faciliter la transition. L’aliment de démarrage doit être très digestible et riche en acides gras essentiels oméga 3 (EPA et DHA), pour stimuler le bon développement du système nerveux ainsi que l’immunité.

Surveillez le rationnement quotidien

Au fur et à mesure que vous espacerez les tétées, votre chaton mangera de plus en plus par lui-même et vous pourrez progressivement arrêter les biberons. Quand cela est fait, adaptez la quantité d’aliment distribuée aux recommandations de rationnement du fabricant, indiquées sur les boîtes ou les sacs. Pour éviter que l’aliment ne perde son appétence en restant à l’air libre toute la journée, proposez lui plusieurs petits repas par jour et veillez à ce que votre chaton puisse manger la nuit s’il le souhaite.

 

N’oubliez pas l’eau !

Dès que votre chaton consomme des aliments solides, il faut qu’il puisse boire aussi souvent qu’il le souhaite. Sa consommation d’eau sera plus importante s’il mange des croquettes plutôt que des boîtes ou des sachets d’aliments humides. Renouvelez tous les jours l’eau dans les bols que vous laisserez à sa disposition.

Quand faut-il montrer le chaton au vétérinaire ?

Si vous avez recueilli un chaton, une visite chez le vétérinaire s’impose le plus tôt possible, quel que soit son âge. La plupart des chatons abandonnés hébergent des vers digestifs (ascaris) et des puces. Les otites parasitaires (ou « gale des oreilles ») sont aussi extrêmement fréquentes chez les chatons abandonnés.

 

Le vétérinaire vous dira quels traitements mettre en œuvre pour éliminer tous ces parasites qui peuvent nuire gravement à la santé du chaton. Le vétérinaire vous parlera aussi des vaccinations essentielles pour protéger le chaton des maladies les plus fréquentes, telles que le coryza ou le typhus.

FAQ

« Pour un chaton, quels sont les risques liés à une séparation précoce de la mère ? »

Outre le fait que la croissance et l’immunité risquent d’être perturbées si le chaton n’a pas pu téter sa mère normalement, son comportement risque aussi d’en souffrir. Les chatons sevrés trop tôt présentent plus de troubles comportementaux que les autres. Cela va de l’habitude apparemment bénigne de « téter » de la laine à des conduites agressives qui rendent difficile la cohabitation avec le chat. Le toilettage excessif ou la boulimie sont parfois aussi des symptômes de mal-être chez certains chatons sevrés trop tôt.

Soyez vigilant pendant toute la période d’éducation de votre chaton et n’hésitez pas à en discuter avec votre vétérinaire.

« Comment apprendre la propreté à un très jeune chaton ? »

La propreté est en général facile à obtenir avec un chaton : il apprend vite à utiliser un bac à litière ou demander à sortir le cas échéant. Un bébé chat a besoin que sa litière ne soit pas trop loin de l’endroit où il mange : son repas déclenche en effet souvent une envie impérieuse ! Dès que votre chaton commence à être un peu autonome, posez-le dans la litière quand il a bu et/ou mangé, en l’encourageant à gratter avec ses pattes de devant. Félicitez-le s’il en profite pour éliminer ! Les chats aiment que ce lieu soit le plus propre possible : nettoyez la litière tous les jours et remplacez le substrat régulièrement.

« Comment socialiser un jeune chaton? »

Tous les apprentissages réalisés avant l’âge de 2 mois laissent des traces durables dans la mémoire des chatons. L’habituation à des bruits, des odeurs, des personnes et des situations variés revient à fournir au chaton une “base de données” sur ce qui est « normal ». Les premières semaines de vie d’un chaton doivent donc être mises à profit pour l’habituer à être manipulé au moins 40 minutes par jour, et si possible par des personnes différentes, incluant des enfants. Votre chaton sera ainsi plus amical et moins peureux plus tard.

« Que faut-il surtout apprendre aux enfants devant un bébé chaton ? »

Les enfants doivent apprendre à respecter le sommeil du chaton, à le laisser tranquille et à ne jamais le brusquer en jouant. Un chaton dort énormément et ce temps de repos est indispensable à sa croissance et à son développement émotionnel. Un chat qui ne dort pas assez parce qu’on le dérange ou parce qu’il ne sent pas en sécurité pourrait développer des troubles du comportement. Trop manipuler un chaton peut entraîner un stress chronique, très néfaste à sa santé future.