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La « gale des oreilles » : première cause d’otite externe féline chez nos amis les chats

#Chat#Santé 22/07/2021

La « gale des oreilles » représente au moins 20 % des motifs de consultation en dermatologie féline et elle est à l’origine d’environ la moitié des cas d’otite externe chez le chat. Cette affection est due à des parasites qu’on appelle des otodectes (Otodectes cynotis), appartenant à la famille des acariens, comme les tiques et les aoûtats. La « gale des oreilles » est aussi appelée gale auriculaire, gale otodectique ou otacariose. 

 

Comment un chat est-il contaminé par la gale auriculaire ?

Les otodectes, les parasites responsables de la gale auriculaire, vivent dans les conduits auditifs où ils se nourrissent de cérumen et de débris épidermiques. La contamination se fait par contact direct entre chats.

 

Contamination des chatons

Les chatons sont de loin les plus sensibles à la gale des oreilles et c’est en général leur mère qui leur a transmis les parasites. Pensez-y si vous recueillez un chaton abandonné 

L’otacariose est l’hypothèse la plus probable en cas d’otite externe chez un chaton et chez lui, les parasites occasionnent des démangeaisons particulièrement intenses. 

Contamination des chats adultes

Les chats entiers qui sortent sont les plus exposés à l’otacariose car ils peuvent entrer en contact avec d’autres chats, qu’il s’agisse de s’accoupler ou de se bagarrer ; 30 à 50 % des chats errants seraient en effet porteur d’otodectes !

Les chats peuvent aussi être contaminés par la gale des oreilles à l’occasion d’un séjour dans une chatterie ou une pension où ils ont pu côtoyer des animaux porteurs d’otodectes.

Quels sont les signes et symptômes de la gale auriculaire ?

Les otodectes provoquent des démangeaisons dans les conduits auditifs mais l’intensité des symptômes n’est pas forcément proportionnelle au niveau d’infestation parasitaire : certains chats très sensibles se grattent beaucoup les oreilles alors que très peu de parasites sont présents !

Lésions de grattage

Les chats ont tendance à se gratter les oreilles au point que des croûtes se forment souvent à la base des pavillons. La plupart du temps, les deux oreilles sont touchées. Chez certains chats, une otite parasitaire est à l’origine de démangeaisons tellement intenses que les animaux atteints en arrivent à s’automutiler tellement ils se grattent avec leurs griffes acérées.

Des lésions cutanées de grattage peuvent être vues ailleurs qu’au niveau des oreilles car les otodectes quittent parfois les conduits auditifs ; ils sont parfois responsables de démangeaisons au niveau de la tête, de l’encolure et même de la queue (parce que le chat dort en rond, la tête près de la queue). 

Réflexe « otopodal »

La présence des parasites occasionne un réflexe caractéristique : si vous touchez les oreilles de votre chat, il se met à « pédaler » avec les pattes postérieures à cause de l’irritation ! Ce réflexe, dit « otopodal » apparaît dans près de 80 % des cas de contamination. 

Des oreilles « sales »

Même si votre chat se gratte peu, vous pouvez soupçonner un problème parasitaire en inspectant l’intérieur des oreilles de votre chat. Chez un chat sain, l’intérieur des oreilles est propre, rose pâle et ne dégage aucune odeur. Si des débris brun-noirâtres, assez secs, ont tendance à s’accumuler dans les conduits auditifs et/ou qu’une odeur désagréable est perceptible, ce n’est pas normal.

Comment savoir s’il s’agit bien d’une gale auriculaire ?

Quelle que soit la cause de l’otite, il est indispensable de montrer votre chat à un vétérinaire si son prurit et/ou l’état de ses oreilles vous inquiète.

Pour vérifier s’il s’agit bien d’une otacariose, votre vétérinaire prélèvera du cérumen dans les oreilles de votre chat et l’examinera au microscope pour rechercher les otodectes. Leur mise en évidence est parfois difficile car les otodectes mesurent moins d’un millimètre de long ! Chez un chat très sensible ou lorsque l’otite est très inflammatoire, une tranquillisation est nécessaire pour effectuer le prélèvement et examiner soigneusement les conduits auditifs. 

S’il s’agit d’un chat adulte qui ne sort pas ou que l’examen du cérumen est négatif, d’autres causes d’otite externe seront envisagées par le vétérinaire.

 

Comment traiter et soigner une gale des oreilles ?

Le traitement de la gale des oreilles consiste bien sûr à tuer les parasites grâce à un produit Attention, les otodectes sont des acariens (comme les tiques) alors que les puces sont des insectes. Les produits antipuces ne sont donc pas forcément acaricides et donc actifs contre la gale des oreilles ; un conseil vétérinaire s’impose.

Éliminer les parasites

Peu de chats acceptent facilement qu’on leur administre au moins deux fois par semaine des gouttes dans les oreilles ! Il est donc plus facile d’avoir recours à des produits dits « systémiques ». Ces médicaments sont administrés par voie générale et diffusent dans l’organisme jusque dans les conduits auditifs. 

Des pipettes « spot-on », analogues à celles qui sont indiquées pour lutter contre les puces, peuvent être efficaces contre l’otacariose. Ces pipettes sont en général utilisables chez les chatons, à partir de l’âge de 6 semaines. Elles s’appliquent directement sur la peau, entre les deux omoplates, à un endroit où le chat ne peut pas se lécher. N’instillez jamais leur contenu directement dans les oreilles du chat !

Traiter les complications

Il est fréquent qu’une otite parasitaire se complique d’une otite bactérienne : l’accumulation de cérumen limite en effet l’aération des conduits auditifs, créant des conditions favorables à la prolifération de bactéries. Si c’est le cas, le chat aura alors aussi besoin d’un traitement antibiotique. Lorsque l’inflammation des conduits est très intense, un anti-inflammatoire est également nécessaire pour limiter la douleur.

Comment prévenir les récidives ?

Respectez bien le protocole de traitement prescrit par votre vétérinaire : votre chat peut en effet paraître vite soulagé après la première administration (il arrête de se gratter) mais, si le traitement est interrompu trop tôt, des parasites ayant survécu dans les oreilles recommenceront à se multiplier et l’otite risque de réapparaître.

Faites contrôler la guérison complète

Des contrôles vétérinaires seront nécessaires pour s’assurer de la guérison complète. Sinon, des otites à répétition risquent d’entraîner une inflammation chronique des conduits auditifs, avec épaississement des parois. Chez certains chats, l’épaississement peut être tel qu’il est alors responsable d’une obstruction du conduit auditif !

Traitez les autres animaux du foyer

Certains chats sont porteurs d’otodectes dans leurs oreilles mais ne manifestent aucun signe d’otite ; ceux-là peuvent éventuellement contaminer d’autres chats (ou un chien, voire un furet !) vivant avec eux, s’ils passent du temps au contact les uns des autres. 

Si votre chat souffre d’une gale auriculaire et que vous avez d’autres animaux, il est donc plus prudent de tous les traiter, même s’ils ne présentent pas de symptômes, pour éviter les récidives ultérieures.

Faut-il nettoyer les oreilles du chat ?

Si la gale des oreilles a provoqué une accumulation importante de cérumen et de débris organiques dans les conduits auditifs, nettoyer les oreilles une à deux fois par semaine peut aider à les éliminer et facilitera la guérison complète de l’otite. Il faut bien sûr utiliser un nettoyant très doux, spécifiquement formulé pour les otites inflammatoires du chat. Demandez conseil à votre vétérinaire.

Une oreille saine est normalement autonettoyante : le cérumen s’élimine de l’intérieur vers l’extérieur grâce un mécanisme de « tapis roulant ». En l’absence d’otite, la plupart des chats n’ont donc pas besoin qu’on leur nettoie l’intérieur des oreilles et en la matière, le trop est l’ennemi du bien. Des nettoyages excessifs peuvent être cause d’irritation et favoriser l’apparition d’otites.

Ne versez jamais un produit nettoyant dans les oreilles de votre chat si le tympan risque d’être lésé ; vous risqueriez de provoquer une otite de l’oreille moyenne, beaucoup plus difficile à soigner.

FAQ

Quelles sont les autres causes d’otite externe chez le chat ?

Si la gale des oreilles est fréquente, ce n’est pas la seule cause d’otite externe chez le chat ! Celle-ci peut par exemple être due à une allergie, à l’obstruction d’un conduit auditif causée par un corps étranger (comme un épillet de graminée), au développement d’un polype dans l’oreille, à une tumeur, à une inflammation chronique…

Quelles sont les complications possibles de la gale des oreilles ?

Une otite est très douloureuse pour le chat et les lésions qu’il peut s’infliger en se grattant avec ses griffes peuvent vite devenir profondes. En outre, plus une otite est traitée tardivement, plus elle sera difficile à guérir. Si une otite initialement parasitaire se complique d’une infection bactérienne, il existe en effet un grand risque que l’oreille moyenne soit aussi touchée et que le tympan soit atteint de manière irréversible.

Quel est le rapport entre allergie et otite chez le chat ?

Lorsque la gale auriculaire provoque des démangeaisons intenses, il est fréquent que le chat possède un terrain allergique, qui le rend hypersensible à la présence des parasites. Il est donc conseillé de vérifier, avec votre vétérinaire, s’il n’est pas aussi allergique aux puces ou à certains composants de son alimentation. Supprimer ces allergènes limite alors le risque d’irritation des conduits auditifs

Comment nettoyer les oreilles d’un chat ?

Instillez quelques gouttes du nettoyant auriculaire dans le conduit puis massez le pavillon et la base de l’oreille. Essuyez ensuite les sérosités qui ressortent sur un coton. N’utilisez pas de bâtonnets enrobés de coton car ils peuvent agresser la muqueuse et entrainer des ulcérations du conduit. De même, l’éther, l’eau oxygénée et l’alcool iodé sont prohibés car trop irritants.

Pour en savoir plus…

– ESCCAP France, « La gale des oreilles du chien, du chat et du furet », www.esccap.fr/arthropodes/la-gale-des-oreilles-octodectes.html

– Le Mag du Chat, « Otite chez le chat : symptômes, diagnostic traitement et prévention », Ouest France, https://lemagduchat.ouest-france.fr/dossier-452-otite-chat.html

  • EGENVALL A., et al., “Mortality of life-insured Swedish cats during 1999-2006: age, breed, sex, and diagnosis”, J. Vet. Intern. Med., 2009, 23, 1175-1183.
  • Selon des données de Banfield, la plus importante chaîne de cliniques vétérinaires aux États-Unis.