Le cochon d’inde, un animal plus fragile qu’il n’en a l’air

N.A.C - 09/10/2020

Le cobaye (ou cochon d’inde) est originaire d’Amérique de Sud : ses ancêtres étaient domestiqués par les Incas, qui les élevaient pour les manger. Introduit en Europe par les conquistadors espagnols au XVIème siècle, il est aujourd’hui un animal de compagnie apprécié des enfants. Les cobayes ne sont cependant pas des jouets : les aimer ne suffit pas. Veillez sur leur santé et offrez leur confort et bien-être !

 

Plusieurs variétés de cobayes sont élevées, se distinguant essentiellement par leur pelage qui peut être dur ou lisse, court ou long (shelties, péruviens ou texel), voire absent !

 

Évitez les carences vitaminiques

Compte tenu de sa petite taille (un cochon d’inde adulte pèse en moyenne 800 g à 1 kg), il mange peu mais il a des exigences nutritionnelles qu’il faut connaître. Distribuez-lui chaque jour environ 10 à 20 g de granulés complets pour rongeurs, 40 à 70 g de fruits et légumes frais variés (carotte, navet, salade, épinards, choux…) et au moins 2 grosses poignées de foin de bonne qualité.

 

Des aliments à mastiquer

Les rongeurs sont des herbivores faits pour manger des éléments végétaux durs ! Si vous donnez trop de granulés à votre cobaye, il ne consommera pas assez de foin pour compenser la pousse des dents. A plus ou moins long terme, ses dents auront tendance à dévier par rapport à leur axe, créant alors un problème de malocclusion dentaire. Les cochons d’inde qui ont accès à l’extérieur et consomment de l’herbe courent moins de risques de présenter des problèmes dentaires.

La distribution excessive d’aliments concentrés favorise aussi la constipation. Un apport suffisant en fibres est en effet nécessaire au maintien du transit. Sachez que le cobaye est prédisposé aux troubles digestifs en raison de la longueur de son intestin (2,50 m) et de la lenteur de son transit. Chez un animal en bonne santé, il peut s’écouler une semaine entre la consommation des aliments et l’élimination des résidus de la digestion !

 

De la vitamine C tous les jours

Comme nous, un cochon d’inde a besoin de vitamine C (au moins 20 mg/kg et par jour pour un animal adulte) sinon il risque de souffrir du scorbut. L’apport en vitamine C doit être quotidien car la vitamine C n’est pas stockée dans l’organisme.

Les aliments vendus spécialement pour les cochons d’inde sont en principe supplémentés en vitamine C mais elle se conserve très mal. Même si l’aliment est stocké dans de bonnes conditions (dans un récipient étanche, à l’abri de la lumière, de l’humidité et de la chaleur), la vitamine C perd 50 % de son activité en 6 semaines. Quand vous achetez l’aliment, faites attention à la date de péremption et évitez d’acheter un gros sac, pour limiter la durée de stockage.

Vous pouvez aussi donner à votre cobaye un supplément de vitamine C, à diluer dans l’eau de boisson ou à distribuer en comprimés, mais attention aux excès !

 

Des fruits et des légumes frais

Pour apporter de la vitamine C à un cobaye tout en lui faisant plaisir, rien de mieux qu’une bonne poignée (20 à 30 g) de légumes et fruits frais tous les jours ! Les épinards, les brocolis, les poivrons verts, le persil, la chicorée et les kiwis figurent parmi les végétaux les plus riches en vitamine C.

Vous pouvez aussi donner un quart d’orange par jour à votre cobaye mais attention au risque de diarrhée. Les choux apportent beaucoup de vitamine C, le cobaye en raffole, mais il ne faut pas en abuser car les feuilles contiennent des substances néfastes au fonctionnement de la thyroïde.

 

 

De la lumière pour la vitamine D

Les rayons UV(B) jouent un rôle essentiel dans la synthèse de la vitamine D. Ils permettent de transformer les précurseurs alimentaires en vitamine active. Il est donc très important que votre cobaye ne reste pas dans l’ombre : aménagez-lui un enclos où il puisse s’ébattre et où il profitera de la lumière directe plusieurs heures par jour. Le fait de sortir de sa cage souvent est évidemment très bénéfique à sa santé physique et psychique.

Renouvelez l’eau tous les jours

Un cobaye boit 100 à 200 ml d’eau par kg et par jour, soit 50 à 240 ml d’eau par jour pour un animal pesant de 500 g à 1,2 kg. Comme pour les lapins, l’eau de boisson peut être distribuée dans un bol (inox de préférence) ou dans un biberon mais le second système nécessite une surveillance quotidienne pour vérifier que l’eau s’écoule bien. En cas d’abreuvement insuffisant, votre cobaye risque de souffrir de calculs urinaires et/ou de constipation.

N’oubliez pas de changer l’eau de l’abreuvoir de votre cobaye tous les jours. C’est d’autant plus important si vous ajoutez de la vitamine C dans l’eau car son activité diminue de 50 % en 24 heures dans un récipient d’eau à l’air libre.

Demandez l’avis de votre vétérinaire après l’achat

Si vous venez d’acquérir un cochon d’inde, prenez rendez-vous avec votre vétérinaire assez vite pour lui montrer votre animal. Il est en effet fréquent qu’un cochon d’inde soit porteur de champignons parasites (ou dermatophytes) semblables à ceux responsables de la teigne, une maladie qui affecte aussi le chat, le chien, et qui peut se transmettre aux humains, en particulier aux enfants. Chez l’animal, les symptômes cutanés de la maladie se déclarent généralement 8 à 10 jours après l’arrivée à la maison, conséquence du stress du changement de vie. Les cobayes à poils longs sont plus sensibles aux teignes que les variétés à poils courts.

S’il suspecte une dermatophytose, le vétérinaire recherchera la présence de spores sur le pelage en examinant des poils au microscope ou en regardant l’animal éclairé par des rayons ultra-violets. Dans certains cas, les poils contaminés présentent une fluorescence verdâtre caractéristique. Les spores des champignons peuvent être présentes sur le pelage du cochon d’inde sans qu’il présente de lésions, ce qui favorise évidemment la contamination de l’environnement et de l’entourage. Dans un quart des cas de teigne observés chez des cobayes, une contamination humaine est constatée, prenez vos précautions !

Faites inspecter ses dents régulièrement

Les dents des cochons d’inde ont une croissance continue. Ce phénomène (qu’on appelle hypsodontie) se rencontre chez les animaux qui ont une alimentation végétale riche en fibres, comme c’est le cas chez les rongeurs. Quand tout se passe bien, l’usure des dents compense la pousse… Mais ce n’est pas toujours le cas, surtout si l’alimentation de l’animal n’est pas adaptée à sa dentition.

Si votre cobaye mange de moins en moins, qu’il mâchonne les barreaux de sa cage et salive beaucoup, ses dents lui font peut-être mal. Réagissez alors vite car un cercle vicieux peut s’installer : si le cochon d’inde mange moins, les dents s’useront encore moins vite que d’habitude, elles vont gêner l’animal, entraîne une malocclusion dentaire et l’empêcher encore plus de manger… On voit ainsi parfois des cobayes essayer de manger, trier les aliments puis finir par les rejeter ensuite.

Par précaution, faites contrôler la dentition de votre cochon d’inde par le vétérinaire au moins une fois par an. En cas de problème, il pourra pratiquer des soins de dentisterie (sous anesthésie) : il fera un parage des dents trop longues ou procèdera le cas échéant à leur extraction.

Surveillez le transit digestif

Si les crottes de votre cobaye deviennent plus rares, plus sèches et plus petites que la normale, qu’il se tient immobile et le dos vouté, n’attendez pas pour le faire soigner : l’arrêt du transit digestif figure en tête des problèmes pathologiques rencontrés chez le cobaye et si aucun traitement n’est entrepris, la stase digestive peut se compliquer d’une occlusion intestinale. Cet accident est la plupart du temps lié à un déséquilibre alimentaire mais il arrive aussi que, suite au léchage par l’animal, des boules de poils se forment dans le tube digestif, comme chez le chat. Ne pouvant être régurgitées, ces boules de poils finissent par faire obstacle au transit.

Un ralentissement du transit intestinal s’accompagne toujours d’une modification de la composition de la flore digestive. Si des bactéries dangereuses se multiplient dans l’intestin, elles peuvent produire des toxines capables de provoquer la mort de l’animal en quelques heures.

Différents traitements peuvent être prescrits selon l’état du cobaye : des laxatifs, des médicaments destinés à lever les spasmes et à relancer le transit digestif, des antibiotiques… Soulager la douleur est également très important pour que l’animal recommence à manger. En cas d’occlusion intestinale, un traitement chirurgical est parfois entrepris mais le pronostic est toujours très réservé.

 

Le cobaye est un animal fragile : si vous ne le nourrissez pas bien et que vous ne protégez pas sa santé, il sera difficile de le soigner ensuite.

FAQ

Mon cochon d’inde peut-il vivre seul ?

Il est déconseillé d’avoir un seul cobaye : ces animaux se sentent mieux s’ils vivent avec un congénère. La cohabitation avec un lapin n’est pas recommandée car les deux espèces ont des exigences alimentaires et des comportements différents.

Comment transporter mon cochon d’inde ?

Choisissez une petite cage en plastique rigide : il existe des modèles adaptés aux rongeurs. L’idéal est que la cage possède deux ouvertures : l’une en façade (pour que votre cochon d’inde puisse éventuellement y entrer seul), l’autre sur le dessus pour l’attraper facilement. Placez du papier absorbant ou une serviette éponge dans le fond de la cage avant d’y mettre votre animal, pour lui éviter de glisser. Pendant le transport, couvrez la cage avec un tissu léger pour le rassurer et le mettre à l’abri des courants d’air. S’il fait chaud, mouillez le textile avant de le poser.

Transportez toujours votre cobaye avec précaution, sans le secouer. Dans la voiture, attachez solidement la cage à la banquette arrière pour qu’elle ne tombe pas, avec un harnais spécial ou une ceinture de sécurité.

Comment limiter le stress chez un cochon d’inde ?

Les cobayes sont généralement dociles et se manipulent facilement mais il faut cependant garder à l’esprit que ce sont des animaux très sujets au stress et que leur petite taille les rend physiquement fragiles. Quand vous manipulez votre cochon d’inde (par exemple pour le mettre dans une cage de transport), procédez avec douceur ; même si l’animal se débat, l’emploi de la force est proscrit ! Si votre cobaye est très nerveux et que vous appréhendez de le transporter, vous pouvez réduire son stress avec des phéromones de synthèse ou des calmants légers à administrer avant de partir. Demandez conseil à votre vétérinaire.

Pourquoi mon cochon d’inde bouge-t-il moins que d’habitude ?

Si votre cochon d’inde devient réticent à se déplacer, observez le dessous de ses pattes en priorité : une inflammation se développe souvent à ce niveau. Elle est souvent due à une litière mal entretenue et une cage inconfortable pour les pieds. Plus le cochon d’inde présente un excès de poids (cas très fréquent !), plus le risque de lésion au niveau des extrémités des pattes est important.

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